A L’heure du second tour de l’élection présidentielle en France, voyant s’affronter des candidats que pas mal de choses opposent, nous nous sommes demandé ce qu’ils proposent pour les geeks que nous sommes ici à StoneShot. Nous  avons trouvé intéressant d’analyser comment leurs différentes lignes politiques se traduisent dans le sujet  le plus important (probablement – enfin peut-être pas pour tout le monde, mais bon…) et qui dépasse les clivages, j’ai cité, le numérique.

Protection des données personnelles :

Ce premier point retranscrit assez bien les positions politiques des deux candidats, Marine Le Pen veut un stockage des données personnelles sur des serveurs hébergés sur le sol français, accompagné d’une charte des valeurs constitutionnelles. Emmanuel Macron lui voudrait voir naître une agence d’ampleur européenne,  afin de peser dans la régulation face aux grandes plateformes numériques comme Apple Facebook ou Google. L’approche nationaliste vs libérale est assez marquée ici, ce qui n’est pas forcément le cas pour le point suivant :
Si les deux candidats insistent sur leur volonté d’une forte protection des données privées et d’une transparence de ce qui en est fait, le candidat du parti « En marche ! » appelle les grands groupes à « livrer les codes »,  faisant référence notamment à l’encryptage des données par les fournisseurs d’appareils  ou de messageries  instantanées, chiffrées de bout en bout. On se souvient du conflit entre Apple et le FBI entre 2015 et 2016, où « la firme à la pomme » avait refusé de livrer les clés de décryptage de l’iPhone d’une personne responsable d’une fusillade ayant abattu 14 personnes à San Bernardino. Cette position a depuis été tempérée par Emmanuel Macron, principalement après que Mounir Mahjoubi,  ancien Président du Conseil National du Numérique et fervent défenseur du chiffrement, ait  rejoint son équipe. Marine Le Pen n’est pas en reste de contradictions elle aussi,  en voulant inscrire la « liberté d’expression » et les « libertés numériques » dans la Constitution, tout en insistant sur la volonté de combattre le « cyber djihadisme » ( sujet qui plait particulièrement à ses  électeurs),  mais en restant très vague sur les solutions qu’elle déploierait.

Piratage et droits d’auteurs :

La candidate du Front National fait preuve d’avant-gardisme en étant pour la suppression d’HADOPI à la faveur d’une licence globale, solution plus que privilégiée par le monde de la technologie et autres propriétaires  de T-shirt Star Wars. Elle rendrait le téléchargement de contenu légal et rétribuerait leurs producteurs grâce à l’argent généré par une forme de redevance, et bien que cette idée ne date pas d’hier (en âge d’ordinateur) elle est perçue par beaucoup comme devant être inévitablement adoptée à  un certain horizon. Emmanuel Macron quant à lui privilégie une approche plus conservatrice pour lutter contre le piratage, en renforçant le cadre juridique des droits d’auteurs  et en donnant aux jeunes de 18 ans accès à tous  types  de contenus  culturels : musique, films, e-books… via un Pass Culture. Ce projet serait cofinancé par les grandes plateformes numériques.

Fracture numérique :

C’est sans surprise que les deux candidats veulent une couverture par le haut débit des zones blanches. Ce sujet fait consensus depuis des années, à tel point que certains candidats du premier tour faisaient de la surenchère  en proposant le droit au haut débit inscrit dans la Constitution. Les candidats restent un peu flous sur les moyens qu’ils mettront en place pour parvenir à cela. Emmanuel Macron parle de sanctions à l’encontre des fournisseurs d’accès en guise de bâton, accompagné d’une carotte sous  forme de « conditions économiques favorables sur les redevances d’utilisation des fréquences hertziennes ». Marine Le Pen elle, étend  cela à l’ensemble des infrastructures dans les secteurs ruraux pour lesquels elle veut « soutenir l’effort de développement ». Il s’agit de la 144ème de ses 144 propositions de son projet présidentiel. Nous n’insinuons rien, c’est juste un « fun fact » que l’on pause ici.

Numériser l’administration :

Les deux candidats veulent rendre l’administration et les services publics plus numériques. La candidate FN veut faire des économies durables et simplifier l’administration par la mise en place d’outils numériques. Un accent est mis sur le secteur de la santé,  avec un programme de soutien aux start-up qui permettraient de le moderniser. Emmanuel Macron veut, quant à lui, voir 100% des démarches administratives réalisables en ligne à l’horizon 2022. Cela sera rendu plus pratique par la création d’un « compte citoyen en ligne (site et application) qui rassemblera sur une même interface tous les droits, notamment ceux liés à la santé, à la trajectoire professionnelle, à la formation, à la situation fiscale, aux droits civiques ».

Bien sûr, il y a bien plus important que le numérique dans le programme de chacun des candidats, mais  à chacun son métier et chez  StoneShot  c’est ce que l’on regarde en premier.